Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /Juil /2009 15:52
La TVA à 5,5%, ce vieux serpent de mer va enfin devenir réalité, dans quelques jours, youpppiiii. Vous devez tous pensez que nous , patrons et gérant de l'hôtellerie sommes en train de sauter de joie : MOUAIS, BOF.
Il convient quand même d'évoquer certains points pour que le public ne s'imagine pas qu'une manne financière va nous tomber dessus et que nous allons rechigner à la redistribuer...
Toute la journée j'entend les même questions qui annoncent de futurs reproches.
Alors ça y est vous allez vous gaver ??
Et alors tes prix tu vas les baisser quand ??
C cool pour vous, alors vous aller embaucher du personnel ??

Il est bon de signaler que la TVA à taux réduit ne s'appliquera pas au vins et boissons alcoolisées qui représentent en moyenne le tiers du chiffre d'affaire d'un établissement traditionnel. Une récente étude a fait ressortir que l'économie réelle des restaurants n'exèdera pas 10% du chiffre d'affaire global.

A l'heure actuelle le nombre de faillites structurelles est de plusieurs milliers par ans dans le secteur de la restauration et une autre étude démontre que le passage de la TVA à 5,5% permettra tout juste à certains établissements mals en point de survivre. Alors comment pourraient-ils en plus baisser leurs  prix ou embaucher?!
Certains auront besoin de la TVA réduite pour survivre, d'autres un peu d'air frais pour laisser le temps à leur affaire naissante le temps de grandir, d'autres pour effectuer des travaux trops longtemps repoussés, d'autres pour augmenter les salaires existant et d'autres enfin pour baisser les prix. C'est certains nous en avons tous un besoin urgent pour une raison ou pour une autre. Mais généraliser cette demande , au demeurant fort raisonnable, de baisse des prix à l'ensemble de la profession serait le meilleurs moyen de précipiter la chutte de certains établissements et de couper les ailes à de toutes nouvelles créations qui ont besoin de temps et d'argent pour voler de leurs propres ailes.
J'espère également que nos chers fournisseurs joueront eux aussi le jeu car il n'y a pas de mois qui passe sans que l'un ou l'autre de ces acteurs incontournables de la profession ne vienne nous raconter une histoire à faire pleurer dans les chaumières pour expliquer la flambée des prix de certains produits phares. J'ai vu les frites bi températures prendre 40% d'augmentation en quelques semaines sous pretexte de mauvaise récolte alors qu'une grosse société avait racheté des stocks gigantesques pour bloquer le marché... et des cas comme celui çi j'en ai à la pelle, notamment concernant la viande (l'entrecôte ue) ou les pâtes et les laitages. Alors oui pour la TVA à 5,5% mais par pitié que des organismes de contrôles des prix et de la concurrence soient mis en place pour "contenir" les apétits d'ogres de nos fournisseurs.
                                                                                                                                                                                                                                                        
Voila quelques raisons pour lesquelles je pense qu'il faut rester raisonnable, mesuré et compréhensif envers cette profession qui, je veux le croire, est composée en majorité de gens honnêtes et travailleurs qui seront heureux de baisser leurs prix dés los que cette décision ne les mettra pas en péril d'exploitation.

Je pense également qu'il faut tenir compte de la situation géographique des affaires. Nous sommes quelques milliers de "fous" ou "d'amoureux" à combattre pour maintenir cette vie rurale que nous avons choisis, en toute connaissance de risque "il est vrai". Mais depuis l'achat d'un fond de commerce, en passant par nôtre logement et celui du personnel, l'équipement de l'un et les frais de fonctionnement de l'autre, les charges, taxes mauvaises surprises et frais inhérents à ces acitivités, la brièveté des saisons rythmées par les conditions climatiques plus ou moins fiables, les bonnes saisons succédant aux mauvaises ; tout ces facteurs font que le pâssage de la TVA à 5,5% sera pour certains, un peu d'air frais dans des comptabilités tendues voire exsangues.

Le chef de l'état a demandé des contreparties et la profession lui en accordera car il faut jouer le jeu; la belle affaire.  Je suis d'accord pour la répercuter sur des produits phares comme le café et d'autres postes afin que ma clientèle ait un bénéfice de cette baisse de la TVA, mais, mais , mais, je suis plus prudent sur les emplois et l'investissement et inquiet sur ces accords qui seront pris avec l'état par les repésentants de la profession. Ne perdez pas de vue la diversité des situations des établissements par rapports à d'autres, c'est la réalité de la profession.
Certains recruteront, d'autres investiront, certains augmenteront les salaires, certains baisseront leurs prix, d'autres et enfin, je crois que ce sera le cas de beaucoups, SURVIVRONT.

Sachant que les vins et alcools ne sont pas concernés par cette baisse  et compte tenu que ce poste représente le tiers du chiffre d'affaire d'un établissement moyen réalisant 400000€ de chiffre d'affaire il faut rétablir le calcul de l'impact de la baisse de la TVA, pour un établissement de ce genre l'économie de TVA serait de 23000€.
En ce qui me concerne sur le chiffre d'affaire d'une crêperie dans une station de ski , ouverte 7 mois, réalisant environ 70000€TTC de chiffre d'affaire et tenant compte de la part trés faible de l'alcool dans ce chiffre d'affaire les gains du à l'économie de TVA ne pourraient dépasser 6000€, certainement pas de quoi m'enrichir, juste une bouffée d'oxygène pour ma comptabilité,tenir et payer les frais de loyer, impots et autres durant l'inter saison ou la station est fermée.
Alors toute la journée lorqu'on me demande "alors ca y est ? Tu vas baisser tes prix ?? T'es content, tu vas te gaver ?", je suis partagé entre deux émotions contradictoires et je crois légitimes. Ma volonté de dire "OUI bien sur avec plaisir" car c'est dans ma conception des choses et tout de suite aprés, l'autre, plus douloureuse, qui m'emplit les yeux de larmes lorsque je pense à mes comptes dans le rouge et à cette saison d'été pluvieuse qui fait fuir ma clientèle loin de mes chères montagnes....
Comme dirait un trés bon ami à moi "Mi, babin qu'est-ce qu'il faut faire ?" .

  



Publié dans : DIVERS - Par SUAKIN
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